Définitions des propriétés des huiles essentielles

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Lorsqu’on s’intéresse à l’aromathérapie et à la façon dont les huiles essentielles fonctionnent, on rencontre constamment des mots qui appartiennent au vocabulaire médical (sans parler des autres disciplines scientifiques afférentes). Or, nous ne sommes pas toujours familier.ère de ce vocabulaire, à moins d’être médecin, infirmier.ère ou pharmacien.ne par exemple. Un rappel des définitions des propriétés des huiles essentielles peut alors s’avérer utile.

Connaissons-nous toujours le sens des termes médicaux que nous employons ?

Le développement de l’auto-médication, de même que l’accès élargi à l’information que permet  l’internet, ont contribué à faire entrer nombre de termes médicaux dans le langage courant des non professionnels. Mais, si nous nous sommes habitués à ces termes, n’avons-nous pas tendance à nous satisfaire de notions vagues et imprécises ? Savons-nous toujours le sens qu’ils recouvrent exactement ?

Quand j’ai commencé à me former à l’aromathérapie, pour apprendre et comprendre les propriétés des huiles essentielles, j’ai dû préciser le sens de notions que je croyais connaître (anti-inflammatoire, antibactérien, antiviral, antiseptique) et me familiariser avec d’autres (immunostimulant, immunomodulant, cholagogue, cholérétique).

Ces derniers temps, on a beaucoup utilisé certains de ces adjectifs.  Parfois, je n’étais pas sûre d’y mettre le même sens que ceux qui les employaient. Alors, je me suis dit qu’une révision des définitions de certains de ces mots qui qualifient les propriétés des huiles essentielles (démontrées ou non, cela j’y reviendrai dans un autre article) serait bienvenue. Ici, je me suis concentrée uniquement sur les définitions.

Des qualificatifs aux substantifs pour savoir de quoi on parle

Pour une fois, je pensais faire des recherches qui prendraient peu de temps et rédiger un article bref.

Il n’en a rien été ! Je ne sais pas si cela vous arrive, mais chaque fois que je mets le nez dans un dictionnaire, j’oublie régulièrement ce que j’étais venue y chercher et commence à musarder parmi d’autres définitions. C’est ce qui s’est passé avec mon Larousse médical de poche. Mais comme il est un peu vieux, j’ai aussi consulté internet.

Par ailleurs, vous aurez remarqué que les termes médicaux sont souvent utilisés en tant qu’adjectifs, ce qui suppose de connaître ou de chercher aussi le sens du substantif pour savoir vraiment de quoi on parle. Je n’ai pas l’intention de refaire moi-même une encyclopédie des termes médicaux qualifiant les propriétés des huiles essentielles (même si c’est une idée intéressante), aussi je me suis limitée à quelques notions.

Immumostimulant/immunomodulant

Je commence par un de ceux qui me semblent le plus difficile à appréhender, même si tout le monde ou presque l’a employé ces temps-ci sous différentes formes : immunostimulant.

Pour ma part, je ne connaissais pas cet adjectif avant d’étudier les huiles essentielles. Il est bien sûr possible de trouver son sens par déduction. C’est simple, mais cela n’explique pas grand chose. En outre, je ne voyais pas comment l’aborder sans parler (un peu) du système immunitaire.

Système immunitaire, immunité…

Le fonctionnement du système immunitaire est hautement complexe. J’en ai ébauché une description très simplifiée dans cet article sur l’activité immunomodulante des huiles essentielles de cannelle et de giroflier. De plus, quand on parle de système immunitaire on fait également référence, implicitement ou non, à l’immunité, à la réponse immunitaire etc.

J’ai trouvé dans Les bases de l’immunologie fondamentale et clinique, traduit de l’anglais par le Pr Pierre L. Masson, des définitions que je trouve très claires :

L’immunité est définie comme la résistance aux maladies, et plus spécifiquement aux maladies infectieuses. L’ensemble des cellules, des tissus et des molécules qui concourent à opposer une résistance aux infections est appelé système immunitaire, et la réaction coordonnée de ces cellules et molécules contre les germes pathogènes porte le nom de réponse immunitaire.

Les auteurs poursuivent :

L’immunologie est l’étude du système immunitaire et de ses réponses contre les micro-organismes invasifs. La fonction physiologique du système immunitaire est de prévenir les infections et d’éradiquer les infections déclarées…»

…immunostimulant, immunostimulation…

Le Larousse nous confirme que ce qui est immunostimulant « stimule les défenses immunitaires. » Soit.

Le Vulgaris médical en ligne précise que l’immunostimulation est aussi une technique médicale. Globale quand elle touche le système immunitaire entier, spécifique quand elle agit sur un antigène particulier, l’immunostimulation emploie différents moyens pour obtenir la stimulation de la réponse immunitaire dans un système immunitaire affaibli. Parmi celles-ci, il y a l’injection d’anticorps, la greffe de moelle épinière, l’utilisation de cytokines ou la vaccination, s’agissant de stimulation spécifique.

…immunomodulant, immunomodulation

Le terme immunomodulation est défini comme la possibilité (généralement par inhibition ou stimulation) de réguler la réponse immunitaire d’un organisme. C’est aussi une technique médicale.

Dans une étude dont je reparlerai dans un prochain article, je lis que « l’immunomodulation vise à modifier le système immunitaire soit par augmentation, pour prévenir les infections dans les états d’immunodéficience, soit en supprimant le système immunitaire en cas d’allergies, de maladies auto-immunes ou de transplantations d’organes, où l’objectif est d’affaiblir le système immunitaire.»

Nous pouvons donc là aussi en déduire le sens de « immunomodulant ».

Dans leur étude que j’ai citée plus haut, M. Lang et al. ajoutent la notion de « limitation de l’inflammation » à l’immunomodulation. Car, réponse immunitaire et inflammation sont liées comme nous allons le voir.

Inflammation

L’inflammation est une réaction du système immunitaire qui désigne l’ensemble des phénomènes qui surviennent à un point d’irritation après l’agression par un agent pathogène. Cette agression peut être externe (blessure, infection, allergène, traumatisme après acte chirurgical) ou interne (cellules cancéreuses).

Les signes de l’inflammation sont habituellement une rougeur, une sensation de chaleur, un gonflement, une douleur au point d’inflammation.

Ces manifestations sont dues à l’afflux de cellules immunitaires sur le site de l’inflammation, à la suite de la dilatation des vaisseaux sanguins. Cela provoque une cascade de réactions moléculaires qui implique notamment des hormones, des enzymes et des protéines telles que les cytokines.

Anti-inflammatoire (ou anti-phlogistique)

Une substance anti-inflammatoire aide donc à lutter contre l’inflammation.

Les anti-inflammatoires peuvent être stéroïdiens (contenant des corticoïdes ou glucocorticostéroïdes) ou non stéroïdiens, tels que l’aspirine.

Si j’ai bien compris :

Dans les cas de maladies auto-immunes, le système immunitaire ne reconnaît plus ce qui lui est propre et attaque ses propres cellules. Dans les allergies ou les maladies auto-inflammatoires, la réaction inflammatoire devient exagérée et/ou chronique.

Vous me suivez toujours ? Continuons avec une série d’adjectifs qui commencent par « anti ». Là encore, au delà des idées générales que l’on a pu se faire, les précisions ne sont pas de trop.

Définitions de quelques propriétés des huiles essentielles en « anti »

Anti-infectieux

Un anti-infectieux est actif contre les infections d’origine microbienne. J’ai vue que l’on range parmi les anti-infectieux : les antibiotiques, les antiviraux et les antiseptiques.

Antiseptique

Un antiseptique permet de supprimer (suffixe en « cide ») ou d’empêcher le développement (suffixe en « statique ») des bactéries, des virus et des champignons à la surface du corps, (on parle de désinfectant pour ce qui concerne des surfaces ou des objets). Ils sont appliqués localement sur la zone à traiter.

Antimicrobien

Un antimicrobien élimine ou ralentit la croissance des microbes tels que les bactéries (activité antibactérienne), les mycètes ou champignons (activité antimycosique), les virus (activité antivirale), ou les parasites (activité antiparasitaire).

Antibactérien

Un antibactérien inhibe la croissance des bactéries (bactériostatique) ou tue les bactéries pathogènes (bactéricide). En effet, rappelons que certaines bactéries sont nécessaires voire indispensables.

Une bactérie a la forme d’un tube ou d’une sphère.

Exemples de bactéries : Staphylococcus aureus, Escherichia coli (cette dernière est naturellement présente dans la flore intestinale, mais peut devenir pathogène).

Antiviral

Une molécule antivirale peut détruire un virus ou empêcher sa multiplication (vous avez compris le système cide/statique, je pense). Elle peut agir sur l’ADN ou l’ARN du virus selon le matériel génétique de celui-ci.

Un virus a besoin d’une cellule hôte pour se développer. Il a une forme sphérique hérissée de pics. Il est plus petit qu’une bactérie.

Les antiviraux peuvent :

  • empêcher le contact entre le virus et la cellule ;
  • inhiber la réplication du virus ;
  • éviter la formation des nouveaux virions fonctionnels (particule virale qui a été expulsée de la cellule après la destruction de celle-ci) ou inhiber la sortie du virus de la cellule.

Exemples de virus : herpès simplex, rhinovirus, influenza, coronavirus…

Antifongique

Un antifongique est capable de traiter les infections causées par des champignons ou des levures (mycoses).

Lui aussi peut agir de deux manières :

  • soit attaquant la paroi fongique, ce qui provoque la mort de la cellule;
  • soit en bloquant la division cellulaire. Ce qui stoppe la reproduction des champignons.

Exemple de champignons : Candida ssp

Anti-parasitaire

Un parasite est un organisme qui vit et se nourrit aux dépens d’un autre organisme hôte. On parle d’ectoparasite quand il est à l’extérieur et d’endoparasite quand il est à l’intérieur de l’organisme hôte.

Un anti-parasitaire élimine et empêche l’implantation des parasites.

Exemples de parasites externes : poux, puces, acariens…

Il y a deux types d’anti-parasitaires :

– Les antihelminthiques (autrement appelés vermifuges). Exemple de parasites helminthiques : oxyures, ascaris, tænia.

-Les antiprotozoaires qui luttent contre paludisme, toxoplasmose, leischmaniose.

Alors, un champignon c’est un parasite ?

Antioxydant

Un antioxydant va ralentir ou empêcher le stress oxydatif provoqué par des radicaux libres.

La production de radicaux libres est normale. Elle résulte de la dégradation de l’oxygène. Mais les radicaux libres provoquent des réactions en chaîne qui sont nocives pour les cellules. Pour s’en protéger, l’organisme produit naturellement des anti-oxydants comme le glutathion peroxydase ou la ferritine. Toutefois lorsque les radicaux libres sont en excès et que l’organisme est surchargé, on parle de stress oxydatif.  On estime que ce stress est responsable de l’accélération du vieillissement des cellules, de maladies cardiovasculaires ou de la formation de certains cancers.

Parmi les antioxydants naturels on compte les vitamines C et E, le sélénium…

C’en est terminé de la liste des « anti ». Pour finir, je vous offre un bonus.

Mucolytique

Un mucolytique fluidifie le mucus (substance sécrétée par les muqueuses) pour en favoriser l’expectoration.

L’expectoration c’est le fait d’expulser par la bouche, lors de la toux, des produits pathologiques provenant des voies broncho-pulmonaires et aériennes supérieures. On parle aussi d’expectoration pour désigner les matières ainsi expulsées. Je ne vous fais pas de dessin.

Voilà un bonus qui n’est pas très ragoûtant, je vous l’accorde.

Dans un article à venir, je m’intéresserai à ce que l’on sait de certaines de ces propriétés des huiles essentielles.

 

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Sources :

Abdul K. Abbas, Andrew L. Lichtman, Les  bases de l’immunologie fondamentale et clinique, traduction de la 3ème édition par Pierre L. Masson, p.1, 2009, Elsevier-Masson

Anastasiou C, Buchbauer G., Essential oils as immunomodulators : some exemples, Open Chem., 2017; 15: 352–370, https://doi.org/10.1515/chem-2017-0037

Liens :

Immunotherapie

Anti-inflammatoire

Les-acteurs-de-la-reponse-immunitaire

Antiseptique

Antimicrobien

Antimicrobien: définition et explications

Antibactérien: définition et explications

Le mode d’action des huiles essentielles sur les bactéries

Comment les huiles essentielles agissent-elles sur les virus ?

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Définition | Antifongique – Antifungique

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Image par PublicDomainPictures de Pixabay

 

 

 

 

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