Huiles essentielles et coronavirus

Temps de lecture : 15 minutes

Depuis quelques semaines, on lit beaucoup de choses sur internet concernant les moyens supposés de lutter contre le coronavirus et la maladie qu’il provoque, le Covid-19. Actuellement, des recherches étudient l’action des huiles essentielles sur certains virus dont celui de la grippe A. Mais qu’en est-il des huiles essentielles et du coronavirus ?

Je me suis posée la question et j’ai découvert un article très récent, clair et documenté sur le sujet. Le Dr Shannon Becker y fait le point sur ce que l’on sait de ce type de virus (il y a plusieurs coronavirus) et de l’action des huiles essentielles sur leurs mécanismes d’infection.

Avec son autorisation, voici la traduction de cet article. * signale lorsque j’ai trouvé un lien équivalent en français que j’ai substitué au lien d’origine.

Huiles essentielles et coronavirus

Le 11 mars 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré une pandémie causée par le SRAS-CoV-2 – un virus rencontré pour la première fois dans la ville chinoise de Wuhan et qui, par la suite, est apparu dans presque tous les pays du monde. Cette désignation signifie que le virus et la maladie qu’il provoque, COVID-19, se sont répandus au niveau international, et au travers d’une transmission locale. Les efforts pour contrôler l’épidémie ont échoué. La déclaration de pandémie ne signifie pas que le virus est devenu plus contagieux ou plus mortel, non plus que le risque est accru (autre que le risque de le contracter). La classification de pandémie signifie que les gouvernements devraient passer de l’endiguement (objectif de contrôle de l’épidémie), à la limitation des effets (Fischer 2020).

Ce virus a eu des effets sur la vie des gens dans le monde entier qui ne peuvent être contestés – depuis les écoles fermées, l’annulation d’évènements sportifs ou de conférences à, dans certains cas, la mise en quarantaine de tout un pays. Cet article vous donne un arrière-plan sur le virus et ses origines, la façon dont il affecte le corps humain, et ce que nous savons des huiles essentielles et de ce type de virus.

Que sont les coronavirus ?

On appelle les coronavirus ainsi parce qu’ils possèdent des protéines de surface pointues, qui donnent à la surface du virus l’apparence d’une couronne/corona. Dans l’arbre biologique, les coronavirus font partie de la famille des Coronavidae, dans l’ordre des Nidovirales.

Les Coronavirus sont des virus enveloppés (celui de la grippe l’est aussi), ce qui signifie qu’ils sont couverts par une membrane de matière cellulaire prise à leurs cellules hôtes et le contenu génétique est organisé en ARN simple. Les chauves-souris sont des réservoirs habituels de coronavirus, qui passe la plupart du temps par une autre espèce porteuse avant d’infecter les humains.

Il y a sept coronavirus connus qui infectent les  humains, dont quatre qui sont responsables d’environ 15% des rhumes courants. Les quatre coronavirus « de rhume » affectent les voies respiratoires supérieures et provoquent des symptômes tels que le mal de gorge ou l’écoulement nasal. Trois coronavirus ont provoqué des maladies humaines majeures : SRAS-CoV, SRMO-CoV et le virus SRAS-CoV-2 ou le « nouveau coronavirus » comme on le nomme communément. Tous trois touchent les voies respiratoires inférieures – les poumons. On ne sait pas clairement si SRAS-CoV, SRMO-CoV ou SRAS-CoV-2 peuvent aussi toucher les voies respiratoires supérieures (Yang et al 2020).

Un retour en arrière sur le SRAS et le SRMO

Le SRAS-CoV a d’abord été identifié dans la province du Guangdong en Chine en 2002 et il s’est répandu dans 30 pays. Dans l’épidémie de 2002/2003, le taux de mortalité du SRAS-CoV était de 10 %. L’origine intermédiaire étaient des chats civette vendus dans un marché de viande vivante, qui avait été infectés par des chauve-souris petit rhinolophe fer à cheval, agissant comme réservoirs  du SRAS-CoV (Tessini 2018, Luk et al 2019). Le SRAS-CoV (le virus de 2002/2003) a été maîtrisé avec succès grâce à un équipement de protection individuelle adéquat pour les personnels de santé, des établissements pour personnes fiévreuses qui ont procédé au dépistage des anomalies du nombre de globules blancs (signalant l’infection) et ont effectué des clichés thoraciques, des ailes d’hôpital réservées au SRAS avec une capacité de 1000 lits, la fermeture d’installations médicales mal entretenues et la diffusion d’informations précises (Yang et al 2020). Quelques 8 000 personnes ont été infectées lors de cette épidémie, qui a fait moins de 800 morts dans 11 pays (Luk et al 2019).

L’épidémie de SRMO-CoV est apparue en 2012 et tous les cas concernaient des personnes qui résidaient ou voyageaient au Moyen-Orient, dont plus de 80 % en Arabie-Saoudite. L’âge médian des personnes infectées par le SRMO-CoV était de 56 ans. Il était plus sévère chez les personnes âgées et celles qui avaient des pathologies préexistantes. Le SRMO-CoV s’est répandu par contact direct, gouttelettes respiratoires et aérosols. Le porteur intermédiaire est vraisemblablement le dromadaire, mais le mécanisme de transmission à l’humain est inconnu. La mortalité est d’environ 35 % et chez environ 20 % des personnes infectées, les symptômes sont bénins ou absents. L’épidémie de 2012 a été contenue tôt, avec un total de 2494 personnes infectées, mais un petit nombre de cas continuent d’apparaître chaque année (OMS).

Covid-19 et le nouveau coronavirus

Le nouveau coronavirus est officiellement appelé SRAS-CoV-2 et la maladie qui en découle est appelée COVID-19. Le nom a été choisi par l’Organisation Mondiale de la Santé et est une abréviation de « corona virus disease » (maladie du corona virus). Les cas de COVID-19 ont été initialement infectés par contact dans un marché aux poissons à Wuhan en Chine en novembre et décembre 2019 (Tessini 2020).  L’homologie de séquence la plus proche, ou le parent génétique le plus proche, pour le SRAS-CoV-2 était initialement un virus trouvé chez la chauve-souris chinoise chrysanthème. Récemment, un virus trouvé chez les pangolins s’est avéré identique à 99 % dans sa séquence, de sorte que les pangolins pourraient être l’espèce intermédiaire (Yang et al 2020). Le SRAS-CoV-2 se propage par de grosses gouttelettes respiratoires, mais il peut aussi se propager par les voies orales ou fécales, les surfaces infectées par des gouttelettes respiratoires et les aérosols (l’air expiré). La durée d’incubation a été estimée à 1-14 jours. Les estimations initiales de mortalité en Chine étaient de 2,3 %, tandis que le SRAS était de 10 % et le SRMO de 35 % (Tessini 2020). Toutefois, il est important de noter que les taux de mortalité de COVID-19 ne sont toujours pas clairs, car ils fluctuent d’un pays à l’autre et vont actuellement de 0,9 % en Corée du Sud à 7 % en Italie, mais les taux de mortalité sont fortement influencés par la quantité de tests effectués. L’accent étant mis actuellement sur les patients très malades, il est impossible de déterminer avec précision le nombre de personnes infectées, car beaucoup d’entre elles peuvent présenter des symptômes bénins sans être testées.

Les symptômes du COVID-19* incluent de la fièvre, de la toux et une difficulté à respirer. Des cas plus sévères peuvent avoir une lymphopénie (un niveau anormalement faible de lymphocytes dans le sang) et une imagerie thoracique qui ressemble à la pneumonie (Tessini 2020). Les patients critiques peuvent évoluer rapidement vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), un choc septique, une acidose métabolique, un dysfonctionnement de la coagulation et même la mort (Yang et al 2020). Le SRAS-CoV-2 endommage les cellules épithéliales des voies respiratoires, ce qui signifie qu’elles sont incapables de débarrasser les poumons des poussières ou du mucus, ce qui peut conduire à une pneumonie. Les patients présentent également des signes de « tempête de cytokines », qui sont des augmentations spectaculaires et dommageables des niveaux de chimiokine  et de molécules pro-inflammatoires (cytokines), avec de fréquentes complications liées à la pneumonie.

Des traitements pour faire face à la « tempête de cytokines » observée chez certains patients sont à l’étude (Brüssow et 2020). Certaines personnes porteuses du COVID-19 peuvent n’avoir que peu ou pas de symptômes, mais cela n’est pas certain car, à moins d’avoir été en contact avec des patients positifs, ces personnes ne sont actuellement pas testées pour le SRAS-CoV-2 aux Etats-Unis. Cette approche conduira très probablement à ce que des personnes infectées par la communauté et non testées propagent davantage le virus. Les personnes âgées et les personnes ayant des maladies préexistantes telles qu’une maladie du cœur ou une maladie respiratoire sont plus susceptibles de présenter des symptômes sévères et ont un risque plus élevé de mourir.

Une fois que le virus infecte le système respiratoire, les protéines pointues du SRAS-CoV-2 se lient aux récepteurs ACE2 de la cellule hôte, exactement comme le SRAS-CoV (Hoffman et al 2020) et la particule de virus liée au récepteur entre dans la cellule hôte à l’intérieur d’un endosome (aussi appelée vésicule d’internalisation compartiment d’une cellule qui fait le tri des cellules internalisées), tout comme la grippe (Fung and Liu 2019). Pour une description visuelle  du processus, faites défiler vers le bas ce graphique du New York Times.

A RETENIR

• La recherche sur les propriétés antivirales des huiles essentielles est limitée aux études in vitro, qui ne peuvent pas être extrapolées à l’usage clinique.
• Ce qui fonctionne sur un virus ne s’applique pas autres virus
• Il n’y a pas de recherche sur les huiles essentielles et le SRAS-CoV-2 et actuellement nous ne pouvons aucune huile essentielle comme traitement antiviral ou virucide pour les personnes atteintes par Covid-19


• Les huiles essentielles peuvent utiles pour la gestion des symptômes mineurs
• Les huiles essentielles sont parfaitement adaptées pour aider à gérer l’angoisse causée par la situation actuelle.
• Chercher une aide médicale immédiate pour les symptômes sévères, tel que des difficultés à respirer.
• Pour la prévention et la protection, suivez les directives de l’OMS, et des autorités de santé locales. Adoptez une bonne hygiène et gardez la distance sociale.

Qu’en est-il des huiles essentielles antivirales?

Au moment de la rédaction de cet article, il n’y a pas de traitement connu pour le COVID-19 (bien que des possibilités soient en cours de test). Il n’y a pas actuellement de recherche sur l’effet que les huiles essentielles pourraient avoir sur ce virus particulier. Par conséquent, nous ne suggérons pas de traitement pour l’infection au SRAS-CoV-2 avec des huiles essentielles. La norme actuelle de soin pour le COVID-19 est uniquement de soutien.

Les huiles essentielles considérées comme « antivirales » ne sont pas des tueuses universelles de virus. Avant de décrire la recherche en cours sur « les huiles essentielles antivirales », il est important de clarifier la différence entre virucide et antiviral. « Antiviral » signifie qu’un composé inhibe la prolifération d’un virus tandis que « virucide » veut dire qu’un virus est détruit ou désactivé. Dans beaucoup de cas, les huiles essentielles peuvent être efficaces pour tuer un virus spécifique mais pas un autre. L’huile essentielle de tea tree (Melaleuca alternifolia) inhibe la prolifération des virus de la grippe à l’intérieur des cellules (ce qui le rend antiviral), mais elle n’inhibe que modestement HSV-1 et HSV-2 (herpès simplex virus 1 et herpès simplex virus 2) (Garozzo et al 2009). L’huile essentielle de tea tree a été incapable d’inhiber la prolifération des virus non enveloppés poliovirus 1 (responsable de la poliomyélite), adenovirus 2 (qui peuvent provoquer des infections de la peau avec rougeurs), echovirus 9  et Coxsackie B1 (affections des voies aériennes hautes, du cœur et du système nerveux) (Garozzo et al 2009). Une grande partie de la recherche existante sur les huiles essentielles antivirales porte sur les virus qui provoquent des maladies de la peau (herpès simplex I et II), ce qui est peu pertinent pour les virus qui provoquent des infections des voies respiratoires.

L'huile esentielle d'Eucalyptus globuleux peut ête utile en cas de symptômes respiratoires mineurs
L’huile essentielle d’Eucalyptus globuleux peut être utile en cas de symptômes respiratoires mineurs

De plus, le résultat des recherches pour l’activité antivirale n’équivaut pas à trouver « une recette d’huile essentielle pour le virus ». Par exemple, une étude in vitro/in vivo examinant un coronavirus aviaire qui provoque des infections des voies respiratoires hautes chez les poulets, et d’autres oiseaux de petite taille à travers le monde, a montré qu’un composé breveté manifestait une activité virucide et était efficace dans la lutte contre la bronchite liée au coronavirus chez les poulets (Jackwood et al 2010). Les fabricants rapportent que le composé contient des oléorésines botaniques et des huiles essentielles mais ne révèlent pas la formulation. Une autre étude in vitro examinant le même coronavirus aviaire a montré que le matériel végétal extrait à l’éthanol pouvait interférer avec l’infection au coronavirus. Les plus efficaces étaient des extractions à l’éthanol (et non des huiles essentielles obtenues par distillation) de menthe poivrée (Mentha piperita), de thym (Thymus vulgaris) et une plante appelée Desmodium canadense (showy tick-trefoil en anglais) (Lelešius et al 2019). Cependant, comme mentionné plus haut, cela ne signifie PAS un effet prouvé.

La plus proche d’une étude applicable est une étude in vitro analysant  le SRAS-CoV ( le virus de l’épidémie de 2002/2003) et l’effet de quelques huiles essentielles. Les auteurs rapportent qu’une huile distillée extraite des baies de laurier noble (Laurus nobilis) était un virucide efficace contre le SRAS-CoV (Loizzo et al 2008). Les baies de laurier noble venaient d’une région du Liban et les principaux constituants de l’huile essentielle étaient le β-ocimène, le 1,8-cinéole, l’α-pinène et le β-pinène. Cette huile essentielle contenait également 3,65 % de lactone eremanthine et 7,57 % lactone dehydrocostus en constituants mineurs (Liozzo et al 2008). Ces composés sont assez peu courants dans les huiles essentielles, mais au moins une étude in vivo a trouvé que la lactone dehydrocostus avait une activité contre le virus de l’hépatite B, un virus ADN enveloppé (Chen et al 1995). Toutefois, l’huile essentielle de baies de laurier n’est pas disponible dans le commerce et l’huile essentielle de feuilles de laurier noble n’est pas la même substance. Il est possible que l’huile utilisée ait été une combinaison d’huile essentielle et d’huile végétale faite à partir de baies de laurier selon des méthodes traditionnelles, puisque seulement 56 % des composés volatils étaient identifiés (Tisserand et Young, 2012, p.322).

La recherche sur les coronavirus pourrait finalement répondre à la question de l’efficacité antivirale des huiles essentielles, mais les données in vitro sur l’activité antivirale et virucide des huiles essentielles sont jusqu’ici limitées et les données humaines in vivo n’existent pas. De ce fait, le mécanisme spécifique que les coronavirus utilisent est mal compris. SRAS-CoV-2 est l’épidémie la plus récente, ce qui signifie que l’on en sait encore moins sur ce coronavirus.

Que pouvons-nous apprendre concernant les huiles essentielles à partir de la recherche sur les autres virus ?

Les quelques recherches disponibles suggèrent que les virus enveloppés sont inactivés par certaines huiles essentielles et leur constituants, alors que les virus non enveloppés comme le virus Coxsackie B1 ou les papilloma virus humains (HPV) ne le sont pas. Parce qu’il n’y a pas de recherche clinique portant sur les huiles essentielles et les coronavirus, utiliser la grippe comme postulat pourrait apporter quelques connaissances. Comme la grippe, les coronavirus sont des virus enveloppés et, pour entrer dans des cellules à médiation endosomale, ils doivent être non enrobés pour pénétrer dans le cytoplasme. On peut le voir comme un coffre-fort. Avant de prendre l’argent, on doit connaître la combinaison de la serrure. Les virus enveloppés doivent retirer leur enveloppe pour que la partie virale intérieure de la particule pénètre le cytoplasme de la cellule hôte, où elle peut se reproduire. Ce mécanisme (le désenrobage viral) a été bien décrit pour la grippe, et on peut lire davantage sur les huiles essentielles et les constituants chimiques qui affectent la grippe ICI. Les coronavirus touchent les voies respiratoires comme le fait la grippe, et causent également des « tempêtes de cytokines », suivies par une pneumonie et parfois la mort.

L'huile essentielle de lavande fine peut soulager l'anxiété
L’huile essentielle de lavande fine peut soulager l’anxiété

Les suggestions de l’article de Becker sur la grippe (2017) étaient basées sur la recherche sur la biologie de la grippe et les interactions des huiles essentielles et des constituants chimiques avec les mécanismes viraux multiples d’infection (Becker 2017). Comme l’explique Becker 2017, le virus de la grippe se désenrobe lorsque le pH baisse à l’intérieur de l’endosome et que la protéine grippale liée au récepteur subit un changement de conformation, permettant au contenu du virus de pénétrer dans le cytoplasme de la cellule hôte. Dans le cas de la grippe, un certain nombre d’huiles essentielles et de leurs constituants interfèrent avec le processus in vitro, mais la pertinence pour les patients atteints de la grippe est peu probable (Becker 2017). Le mécanisme de désenrobage du coronavirus n’est pas clair, mais il diffère du mécanisme utilisé par la grippe du fait de la différence dans le contenu de la protéine virale. Et à ce stade, nous ne pouvons pas affirmer que les mêmes composés interfèrent avec les coronavirus. Les protéines impliquées dans la sortie de la cellule hôte (à savoir NA) ne sont pas retrouvées sur SRAS-CoV-2.

L’immunité innée de l’hôte est suscitée lors de l’infection par la grippe, et une cascade de voies inflammatoires est initiée. De plus, un processus appelé autophagie est déclenché à l’intérieur de la cellule hôte. L’autophagie est un mécanisme qui recycle le contenu des cellules. Il peut être déclenché quand une cellule est stressée ou quand une cellule détecte des protéines endommagées qui ont besoin d’être dégradées ((Jackson 2015). L’autophagie est impliquée dans la mort des cellules et interagit avec les systèmes inflammatoires (Wang et al. 2018). SRAS-CoV-2 (la crise de 2002) et SRMO-CoV interagissent aussi avec l’autophagie (Fung and Liu 2019).

Comme la grippe, l’infection SRAS-CoV-2 résulte de « tempêtes  de cytokines », qui sont des augmentations spectaculaires et dommageables des niveaux de chimiokines et de cytokines pro inflammatoires souvent davantage compliquées par la pneumonie ((Hayashi et al 2007, Li et al 2012, Wu et al 2012, Dai et al 2013, Brussow et al 2020). Les suggestions de Becker 2017 pour atténuer la « tempête de cytokines », l’inflammation, la lésion des poumons et la pneumonie étaient basées sur la recherche in vitro et in vivo impliquant l’huile essentielle de clou de girofle (Syzygum aromaticum), l’eugenol, le patchoulol et le trans-cinnamaldéhyde ((Hayashi et al 2007, Li et al 2012, Wu et al 2012, Dai et al 2013), mais il n’y a pas d’études sur les humains vérifiant ce point. Il est important de noter que la prévention et le traitement ne sont pas la même chose. Une huile essentielle qui tue les particules de virus dans l’air ou sur la peau est un concept différent de celui qui interfère avec les actions sur le virus une fois qu’il est entré dans le corps.

A l’heure actuelle, nous ne pouvons suggérer aucune formulation d’aromathérapie qui prévienne ou traite le SARS-CoV-2.

Gestion des symptômes et bien-être psychologique

Parce qu’il n’y a pas de traitement connu pour le COVID-19, les interventions médicales se concentrent sur la gestion des symptômes et les cas graves qui nécessitent une aide respiratoire au moyen de respirateurs. On ne devrait en aucun cas essayer de faire face à un cas grave de la maladie et une fois que les difficultés respiratoires sont apparues, on oit recourir à une aide médicale immédiatement. Si des symptômes bénins sont présents, on peut utiliser des huiles essentielles pour aider à les soulager – des frictions de la poitrine avec des huiles essentielles contenant des pinènes ou riches en cinéole telles que l’eucalyptus (Eucalyptus globulus) ou le romarin à cinéole (Rosmarisnus officinalis), des inhalations avec les mêmes huiles, etc. On peutt aussi utiliser une inhalation pour combattre le stress et l’anxiété inévitables. L’utilisation de l’huile essentielle de lavande fine (Lavandula angustifolia), d’essences de citrus, souvent l’orange douce (Citrus sinensis) ou le citron (Citrus limon), sont efficaces pour réduire l’anxiété situationnelle aussi bien que l’anxiété chronique (Lehrner et al. 2005, Perry and Perry, 2006, Goes et al. 2012)

Les recommandations de l’OMS et des autres autorités de santé publique – distance sociale et lavage des mains – sont de loin les meilleures choses qu’on puisse faire pour réduire la pandémie.

RESUME

Les virus dépendent des cellules hôtes qu’ils infectent afin de se reproduire et l’infection virale de la cellule hôte compte plusieurs étapes. Le SRAS-Cov-2 est un virus enveloppé, comme le virus de la grippe A et il y a des recherches in vitro prometteuses sur certaines  huiles essentielles et sur la façon dont elles interfèrent avec les mécanismes utilisés par le virus de la grippe A pour infecter les cellules. Cependant, si certains de ces mécanismes antiviraux pourraient être transposés au SRAS-CoV-2, nous ne savons pas encore si les huiles essentielles sont cliniquement efficaces pour la grippe, nous n’avons pas non plus d’idée claire sur le mode d’administration, le dosage, la sécurité, les systèmes de diffusion, etc. Et nous savons qu’il y a des différences fondamentales entre la grippe A et SRAS-CoV-2. Par conséquent faire des suppositions à ce stade serait une extrapolation démesurée. Si les affirmations selon lesquelles les huiles essentielles peuvent protéger ou traiter le COVID-19  ne sont basées sur aucune preuve, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas ou ne devrait pas utiliser les huiles essentielles pour une aide respiratoire ou psychologique.

Remerciements

Nous remercions tout particulièrement Christine Carson, PhD, Marco Valussi, BSc, et Linda Halcon, PhD, pour leurs commentaires éclairés.

References

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Shannon Becker, PhD

 

*lien d’origine : COVID-19 symptoms

 

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One comment

  1. […] Du nouveau par rapport à l’article que je relayais il y a quelques semaines sur huiles essentielles et coronavirus. […]

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